Revlon Professional on the Road - Semaine 1 - Paris, Annecy, Valence, Aix-en-Provence

La Clé du Barbier - Paris 5ème

L’univers de la Clé du Barbier : masculin, rock’n’roll, unique
L’univers de la Clé du Barbier : masculin, rock’n’roll, unique

C’est à la Clé du Barbier que nous commençons notre grand Road Trip. 100 salons en 8 semaines… Ce n’est pas rien ! Nous sommes un peu anxieux mais surtout très excités. La clé du Barbier nous met à l’aise dès le début. L’ambiance du jour est au rockabilly sur fond de Chuck Berry. L’univers est super masculin, -la Clé du Barbier ne reçoit que des hommes- et on se croirait dans les sixties, mais tout ça peut complètement changer d’un jour à l’autre, nous dit Guillaume.

"Un coup ça pourra être du gros Rap US, un autre ce sera Rihanna ».

« -Rihanna sérieux ?! »

Non en fait c’était une blague.

Bon, dans tout les cas on sent l’ouverture d’esprit de ces « d’jeunz », comme disent les vieux. Des jeunes femmes et hommes, beaux et fringants à la barbe nickel nous accueillent à bras ouverts. Leurs biceps sont tatoués et leurs barbes huilés nous rassurent.

Guillaume nous raconte pourquoi il est devenu coiffeur barbier : enfant, avec sa passion pour le travail manuel et la musique, il rêvait de devenir luthier. Quand il était ado, il coiffait ses potes et c’est comme ça qu’il a connu le métier de barbier. L’univers l’a direct happé : la musique, le style, les tattoos, et puis tout ce qui va avec : une virilité raffinée, l’univers musical et puis surtout ce goût de liberté.

Bref, Guillaume est très heureux à la Clé du Barbier, vu qu’il a tout ce qu’il aime. Chaque jour est différent et puis, il y a ce truc incroyable qui se passe chaque jour, cette adrénaline qui l’exalte : c’est l’honneur d’être celui qui place une lame de rasoir si près de la carotide d’un client.

Allongé sur le cuir de son fauteuil de barbier, l’homme s’abandonne entre ses mains ; au summum de sa vulnérabilité.

C’est, pour Guillaume, un énorme privilège qu’il reçoit chaque jour avec une grande humilité.


Salon Lucia Iraci - Paris, 6ème
Un boudoir délicat d’un autre temps...
Un boudoir délicat d’un autre temps...

Après nos aventures US à la clé du Barbier, nous visitons un salon totalement différent : Lucia Iraci, dans le sixième. L’entrée est une petite porte dans un immeuble. Un long couloir nous amène au salon, dont l’ambiance, douce, calme, presque secrète, porte en elle un certain mystère. Des grandes verrières sur le toit offrent un puit de lumière. Des moulures de bois de style rococo nous rappelle une autre époque. Une impression de boudoir et de confidences. Nous nous faisons plus petits et nous écoutons ce silence. Il y a un chien (un loulou) qui s’appelle Jack. Les animaux reflètent toujours l’ambiance dans laquelle ils évoluent. Jack est calme et raffiné. Il s’étire de tout son long (qui est très court) et se pose délicatement dans son coussin.

Rendre confiance à des femmes qui parfois doutent, prendre soin d’elles, les écouter. Leur offrir un espace un peu à part où elles peuvent se retrouver…

Ce sont les aspects nobles, tranquilles de la féminité qui ressortent dans ce salon à l’ambiance très particulière.

Lucia Iraci est la fondatrice de l’association Joséphine qui aide les femmes en difficultés à retrouver une estime de soi, avec des coiffures et soins à prix modiques, de 1 à 3 euros. Dans son salon comme dans les salons sociaux crées par elle, Lucia Iraci offre à ses clientes la douceur et la sécurité qui leur manquent parfois pour pouvoir s’aimer.


Salon F&J - Annecy
Frédéric en quelques mots : passion, amour, partage et don de soi
Frédéric en quelques mots : passion, amour, partage et don de soi

Nous arrivons à Annecy légèrement fatigués car nous avons roulé 5 heures la veille pour atteindre Dijon, après le lancement de notre Road Trip à l’Académie Revlon à Paris. Le matin même, nous avons roulé 4 heures. Notre petit combi roule bien et nous l’aimons déjà beaucoup, mais il faut bien l’admettre, c’est un veau. 90 km/h sur l’autoroute : nous sommes en décalage total avec la réalité contemporaine, un peu comme un homme dans le coma qui se réveille après 50 ans et qui se demande où son passées les cigarettes Gitanes et la musique Yéyé. Sur les grandes autoroutes que le gris métal des berlines cisaille à 130, nous roulons donc pépères en écoutant du Antoine.

Annecy est super belle et on entre dans le salon F&J avec enthousiasme. On est à l’heure de pointe, ou peut être est-ce toujours comme ça ?Toujours est t’il que F&J est vachement busy. Les patrons se connaissent depuis l’âge de 11 ans. A l’époque où les combis Volkswagen passaient dans les rues à la même fréquence que les twingos, les petits Frédéric et Jérome font un pacte : « quand on sera grands, on aura un salon de coiffure ensemble ». Pari tenu, 44 ans après nous les retrouvons tout occupés à gérer leur salon d’une main de maître.

Un détail dans le salon nous interpelle: des figurines de saints sont disposés sur la table de Frédéric. La question autour de ces figurines nous amène dans des sphères spirituelles que nous n’attendions pas. Frédéric est chrétien, pratiquant. Il nous présente chaque saint, nous explique leurs histoires avec un intérêt de gosse. C’est vrai que ce salon ressemble un peu à une chapelle, avec ces voûtes. Frédéric nous dit que coiffer, c’est être dans le don de soi, c’est aider les autres. Aider les autres à s’aimer, à se sentir valorisé et à se trouver beau. Frédéric dit qu’il aime donner, donner, donner et qu’il est né pour ça : donner la vie (Frédéric à 6 enfants), comme donner l’amour et incarner le message du Christ dans sa vie professionnelle. Il aime par dessus tout parler de spiritualité avec ses clients. Quand je lui demande si il n’est jamais fatigué, il nous dit que quand il l’est, il s’en remet à Dieu, et que Dieu lui offre alors une énergie décuplée.

Quand il est parti en Inde, Frédéric a coiffé les gens dans la rue, des lépreux, des sans-abris. Lui touche ceux qu’on appelle Intouchables, non seulement physiquement, mais aussi spirituellement. Rendre sa dignité humaine à l’homme et la femme abandonné. C’est comme ça qu’il voit son métier de coiffeur et c’est comme ça qu’il prévoit sa retraite : être au service de Dieu avec ce qu’il sait mieux faire : coiffer.


Salon E.Lounge - Annecy
Les membres de E.Lounge ? Une grande famille hyper enthousiastes
Les membres de E.Lounge ? Une grande famille hyper enthousiastes

Le soleil brille enfin quand nous arrivons au salon E.Lounge, en fin d’après-midi, à Annecy. Emma, la capitaine du bateau, nous accueille avec un sourire encore plus rayonnant que le soleil lui-même. Son équipe de 3 est jeune et enthousiaste. Elle travaille notamment avec son fils, Teddy, aux cheveux bleus et au sourire tout doux.

L’équipe est encore plus sympa que dans nos rêves les plus fous. Un bouddha trône au fond du salon et nous pressentons que la spiritualité est bien plus présente dans les salons que ce que nous avions imaginé. Comme c’est la fin de journée, nous sommes les seuls au salon et nous en profitons pour organiser notre premier jeu concours présenté par Chad, où nos trois coiffeurs doivent répondre du tac au tac. A la question Conditionner ou Detergent, les jeunes gens ont tous répondus conditionner. C’est bien dommage car nous sommes, comme vous le savez, en quête de sensations fortes pendant ce road trip.

Cela dit pas besoin de perdre tout ces cheveux pour cela: les membres de E.Lounge sont comme une grande famille hyper enthousiaste. Ils veulent partir avec nous et s’installent dans le camion. Là, ils mettent la musique à fond et font bouger le camion comme jamais depuis 1968.

Comme on a pas pu manger à midi et qu’il est 18h, l’équipe d’E.Lounge sort les fruits frais du frigo et nous donne la becquée.

Et au moment de partir, ils nous amènent dans un super bar en terrasse où nous dégustons de délicieuses planchettes dans l’air frais du soir, recouverts de couvertures polaires.

Au moment de partir nous ne résistons pas à faire un tour de la ville, et notamment d’aller sur le point le plus haut d’Annecy, à la Visitation. Là une vue imprenable sur Annecy qui dort. Il est minuit : nous sommes indéniablement des cendrillons modernes et là, patatras : nous nous rendons compte que nous n’avons (toujours!) pas eu le temps d’acheter du dentifrice… Emma vient à notre rescousse : elle en a dans son sac et nous en offre généreusement.

Décidément, tout est bien qui finit bien, l’haleine fraiche, comme dans un conte de fées.


Salon Autrement - Valence
Autrement, un atelier de création
Autrement, un atelier de création

Après avoir essuyé la grêle dans le centre de Valence avec Chad qui se demande si c’est bien ça, le printemps en France, nous arrivons au salon « Autrement » vers 18h.

Valence étant une ville de taille moyenne et de province, on ne s’attend pas, en traversant la rue des frères Montgolfier, à entrer dans un loft new yorkais ultra classe de la 5th Avenue.

Simon et son compagnon, Bastien, nous attendent avec du champagne frais. Au bout d’à peine trois jours de Road Trip, on arrive donc déjà à la conclusion suivante : la coiffure est une profession très sympa et plutôt généreuse.

Malgré les conditions intenses de ce road trip, il faut bien le dire, nous sommes chouchoutés par la prod’ qui nous envoie dans des hôtels d’au moins 2 étoiles et les coiffeurs qui nous accueillent au mousseux de chez Rotschild.

Ecoutez, j’ai envie de dire, on est là pour ça !

Quelques petites olives et quelques petites coupettes plus tard, nous sommes tous de fort joyeuse humeur et nous parlons Coiffure avec un grand C, le C de création. Simon n’envisage pas la coiffure autrement que comme un acte artistique. Ses clientes doivent comprendre qu’elles entrent dans un atelier de création quand elles franchissent ses portes. Le salon ressemble d’ailleurs à la Factory de Warhol, mais heureusement, Simon a le cheveux moins pailleux que Andy et le teint moins vert, aussi.

Ici, on est dans la Haute Coiffure : pas la peine de venir se faire couper les pointes : vous en aurez pour votre porte-feuille et puis c’est même pas sûr que Simon vous prenne. Il vous enverra sûrement dans un salon plus adapté.

Simon est un être calme, à l’écoute et surtout, passionné par son métier, qu’il estime profondément.

Je lui demande si il ose « bousculer » des clientes qui voudraient des coupes qu’il considère comme inadaptées à leur carnation.

« Bien sûr », dit-il.

L’important, c’est de ressentir la personne au moment où elle entre dans le salon. La démarche n’est pas anodine, nous fait-il remarquer : avant de pousser les portes, on se questionne et on doute, on veut peut être changer de vie, ou au moins changer quelque chose dans sa vie. Puis, on se met à nu et on est bien obligé de faire confiance : on s’en remet totalement aux mains d’un autre, avec ses goûts et ses idées. En cela, l’écoute de la femme est primordiale. Certaines femmes sont plus à même d’être poussées à oser, d’autres sont plus délicates à rassurer. Ce feeling, Simon l’a au fond de lui, c’est comme un instinct et il se comporte tel un caméléon en adaptant sa couleur aux branches.

Les coiffures qu’il propose sont de haut standing, tout comme la qualité de son accueil. A la période de Noël, Simon organise un bar à champagne dans le salon. Se faire coiffer en buvant une coupette, what else ?

La plupart des businesswomen qui passent dans la région pour affaires s’arrêtent chez lui. Il y a aussi des femmes plus bohèmes : des artistes, des voyageuses, qui ne résistent pas à ses audaces créatives et au soin méticuleux qu’il leur offre.

Au milieu de Valence, Simon propose aux femmes de classes sociales plutôt élevées un envol pétillant vers les nuages colorés de la création et de l’audace !

Après notre joyeux apéro, nous irons tous en taxi diner dans un restaurant délicieux. La tête remplies d’étoiles, nous contemplerons le Rhône couler sous nos yeux, à la limite entre la Drôme et l’Ardèche et nous remercierons Simon et Bastien de nous avoir traités comme des businesswomen de prestige.


Salon Parenthèse - Valence
Parenthèse au service de la Femme
Parenthèse au service de la Femme

Quand nous entrons chez Franck et lui expliquons qu’on voudrait prendre des photos et des vidéos de lui, il nous demande, pince sans rire, si il devra se dénuder pour l’occaz’.

Nous lui répondons qu’of course ce sera un shooting nudiste et qu’en plus, nous encouragerons les interactions entre nos acteurs.

Il grêle trop et nous n’avons pu amener notre équipement dans le salon. Nous reportons le RDV au lendemain mais nous avons une très bonne impression de Franck et de son humour anglais.

« J’adoooooore l’humour anglais », me dit Chad tandis qu’on marche sous la pluie et je ne peux qu’acquiescer, même si j’en ai un peu marre qu’il adore tout tout le temps.

Quand nous revenons le lendemain, je propose à Franck de participer à ma première session « psychanalyse en salon ».

-Quelle est votre rapport à la Mère, Franck ?

Il répond que dans son enfance, il aimait regarder sa mère s’apprêter, toute affairée, toujours active et très belle.

Tous les coiffeurs hommes sont ils amoureux de leur mère ? C’est une question qui mérite d’être posée et nous vous invitons à nous communiquer votre avis sur le sujet dans les commentaires.

Franck et Simon (du salon Autrement, voir l’épisode Road Trip de Bony & Chad - 04.05.17 @ Salon Autrement - Valence) ont bossé ensemble. Simon a même racheté son salon à Franck.

- Est-ce que tu trouves, comme Simon, qu’il manque un esprit collaboratif entre les coiffeurs ?

-Oui, clairement. Les salons d’une même ville restent dans leur coin, interagissent très peu et il y a souvent des relations de compétition selon la clientèle qu’ils visent.

Simon nous avait dit qu’il aurait souhaité, si possible, balayer dans un autre salon, afin de pouvoir s’immerger totalement dans une ambiance différente. Je soumets l’idée à Franck et je suis surprise par sa réaction.

Il trouve l’idée SU-PER.

« - Alors, si on te rappelle, par exemple, quand on est dans le Sud Ouest, et qu’on te dit qu’un salon veut bien te prendre comme balayeur pour une journée tu dirais oui ?!

- Oui, carrément. »

Alors là ! On lui promet qu’on le rappellera bientôt pour qu’il nous rejoigne où on sera.

Une cliente de Franck est métisse, avec des cheveux crépus magnifiques. Sa tignasse est gigantesque.

Elle nous dit :

« Franck est celui qui m’a fait aimer mes cheveux. Avant je faisais des permanentes tout le temps.

- Mais pourquoi ?

- Pour avoir des cheveux comme les autres, à l’occidentale : lisses ! »

Je regarde ses cheveux incroyables et je me demande comment une femme a pu, toute sa vie, se conformer à des normes esthétiques qui ne lui conviennent pas. Je pense à toutes ces femmes métisses ou noires à qui l’on demande de discipliner leurs cheveux, comme si c’était contraire à nos règles sociales que d’arborer leurs cheveux au naturel.

Ces femmes doivent renoncer à ce qu’elles ont de plus authentique et somptueux et à ce qui est un des symboles les plus visibles de leur identité.

Dans quel monde vit-on ?

Heureusement, il y a des coiffeurs comme Franck !

- Depuis que je les laisse au naturel, ma vie a changée : ma vision de moi-même et de ma beauté. Je me sens beaucoup mieux au quotidien."

Franck rejoint Simon dans l’idée qu’il faut parfois brusquer un peu les femmes pour qu’elles changent des habitudes qui vont à l’encontre de leur véritable nature, afin qu’elles s’assument pleinement dans ce qui font leur identité.

Merci à Franck pour cet accueil et toute cette belle énergie au service de la Femme !


Shapers - Aix-en-Provence
Qui dit good vibes, dit Shapers
Qui dit good vibes, dit Shapers

On arrive à Aix-en-Provence dans l’après-midi, accueillis par les premiers rayons de soleil depuis une éternité. Le beau temps ne se reflète pas encore dans l’humeur de Bony mais je pressens son arrivée imminente. La patience est une vertu, après tout. Après un arrêt surprise au salon Emotions, où Magali nous a enseigné quelques mots du dialecte méridional, on s’installe dans la goodvibe du salon Shapers. Décoré dans un style minimaliste mais chaleureux, avec des couleurs pastelles et plein de lumière, ces jeunes coiffeurs bossent avec une énergie soutenue par les « douf-douf » de la musique électronique. Après la fermeture du salon, on décide de capitaliser sur cette dynamique en convertissant le salon en boîte de nuit pour un petit court métrage. Yoan, Alexia et Benoît sont très contents de se prêter au jeu. Avec leurs talents pour la comédie et la danse, on crée ensemble un petit chef d’oeuvre de la nouvelle nouvelle vague tout en s’amusant beaucoup. Après ce divertissement, on commence à ranger nos affaires.

- Vous ne voulez vous joindre à nous pour l’apéro ? demande Benoît un peu déçu.

- Si…on aimerait trop ! Mais on a encore beaucoup de travail ce soir, dit Bony

Un peu comme si le ciel voulait souligner cette fugacité universelle, des nuages noirs de jais se forment alors lourdement là-haut. Toutes les bonnes choses ont une fin, apparemment.

- Connais-tu un bon resto qui ferme un peu tard?

- «Chez Nous », place des cardeurs, répond Benoît. Attends, je vais te l’écrire. »

Après un petit détour au fond du salon, il revient avec une feuille. On remercie l’équipe et quittons le salon pour retrouver notre petit camion rose. En marchant sous le ciel gris, avec le son léger du tonnerre en fond sonore, Bony pose ses yeux sur le bout de papier. Un grand sourire glisse alors sur son visage. Comme avec les oscillations du printemps français, je n’arrêterai jamais d’être étonné.



LE COOL EPUISEMENT : La vidéo de la 1ère semaine de Bony & Chad sur les routes de France
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