Revlon Professional on the Road - Semaine 3 : Nîmes, Calvisson, Montpellier, Béziers, Canet-en-Rousillon, Perpignan, Toulouse

Le Cube - Nîmes
L’ambiance sereine du Cube à Nîmes
L’ambiance sereine du Cube à Nîmes

"On a choisi le nom « Le Cube » parce que ça ressemble à un Cube. On est simples, nous. On allait pas appeler ça "Audrey Coiffure", c’est pas notre truc, nous dit Aziz.

Un jour Audrey m’a dit :

"Je veux mon propre salon", alors je lui ai acheté un salon. Il a fallu en ouvrir un autre, Gentlemen’s Corner, pour les hommes. Ca fait deux semaines, vous voulez voir ? C’est à 50 mètres d’ici."

Aziz a le sens des affaires et il va droit au but.

Il est sympa, il m’offre une clope et tandis qu’on marche du Cube au coin des Gentlemen, il nous raconte :

"Audrey et moi, on se connait depuis la grande section de maternelle. On a toujours été amoureux. A 13 ans, on commence à sortir ensemble. A 15, on emménage tous les deux. La famille d’Audrey ne lui parle plus depuis. Ils ne connaissent pas leurs petits enfants, parce que je suis arabe."

Chad s’esclaffe.

- Vraiment ? En 2017 ?"

Le mec qui débarque d’Afrique du Sud avait peut être pas vraiment tilté que les racistes rôdent à peu près partout.

Aziz poursuit :

"Je lui ai dit : tu veux un salon ? O.K, mais alors on fait les choses en grand. Moi je veux le meilleur, sinon rien. C’est peut-être à cause de toute cette histoire avec la belle-famille. Je veux encore faire mes preuves inconsciemment. "

L’ambiance est sereine, Audrey est sympa :

"A 15 ans, quand je m’installe chez Aziz, je gagnais à peine ma vie pour payer le loyer. Alors, on mangeait pas. " Elle rit.

Je sais pas pourquoi mais j’aime les histoires d’amour qui commencent en mangeant des petits pois en boite sur le sol. C’est toujours signe de solidité.

Alors, Audrey et Aziz, ça marche plutôt bien. Ils font les choses avec cœur et s’aiment comme des petits oiseaux d’amour (comme dit Chad) et leurs affaires fructifient.

Et puis, un bon indicateur c’est quand même toujours de regarder le teint des jeunes bossant ici.

Petit check up avant de partir : teint frais, grand sourire, yeux pétillants : tous les signes d’un salon en super forme.

Merci à Aziz et Audrey et à leur équipe pour cet accueil chaleureux !


Salon Lorenz Ricci - Calvisson
Un salon où circulent les bonnes énergies
Un salon où circulent les bonnes énergies

Nous les petits polissons de l’espace, nous rendons à Calvisson pour pénétrer sans s’ y attendre dans l’un des plus beaux salons que nous ayons vus jusque là ! Des vieux meubles chinés partout dans les brocantes alentour et une aura spirituelle incroyable : des images de Gourous accrochés de ci, de là en position du lotus… moderne, spirituel, lumineux et ancien, c’est tout à la fois mais sans surcharge : beaucoup d’espace, tout respire le bien-être. Laurent est le créateur de ce lieu magique où l’on a pas seulement envie de se faire coiffer, mais aussi de méditer dans un coin, rencontrer son soi profond, plonger dans son âme comme dans un fleuve en Inde, comme à la fin, quand Siddharta regarde le fleuve et qu’il comprend que le grand Tout est dans chaque ondulation de l’onde sous ses yeux.

Tristesse et désappointement, le Gourou derrière ce salon n’est pas là : il est en formation à Paris, à Revlon, où il enseigne une technique assez unique qui montre comment faire des coupes qui s’adaptent au visage de la personne à mesure que les cheveux poussent. (J’ai oublié le nom technique, si un coiffeur lisant ces lignes veut bien m’éclairer…)

- Mais comment fait-on ça? je demande à Kelly, sa bras droite.

- Oh, ça dépend de beaucoup de choses. C’est très pointu, et c’est pour ça que sa formation marche très bien. Il faut penser et surtout sentir comment la coupe va évoluer. Et pour ça, il faut sentir la personne, ses énergies…

- Tout tourne autour de l’énergie ici, non ? On sent que ça circule ! Si, si !!! Je la vois qui circule !

- Oui, dit Kelly. Nous travaillons de façon harmonieuse et c’est Laurent qui insuffle ça."

Damn ! Nous n’avons pas rencontré Laurent mais nous sommes tout enchantés d’avoir respiré l’air frais et pur de ce salon empli d’une aura vraiment particulière.

En partant je remarque un cristal énorme, une labradorite magnifique posée sur le comptoir. Leurs propriétés est d’absorber les mauvaises énergies. J’ai toujours la mienne dans ma poche. Je fais un clin d’œil au petit Shivah sur le comptoir puis on s’en va direction Montpellier.

Après ces 4 salons en une journée, on est un peu vannés dans notre van. Alors Chad a une idée en or :

"- On va à la plage chériiiiie !

Je dis :

- Oui Mamouuuuur" et ni une ni deux nous voici à La Grande Motte ! Rêve de gosse j’ai toujours voulu voir à quoi ressemblait la Grande Motte !


Esprit Basora - Montpellier
Esprit Basora, un endroit intimiste où se ressourcer
Esprit Basora, un endroit intimiste où se ressourcer

Ambiance tranquille et douce au salon "Esprit Basora". A l’origine du projet, trois amis qui créent leur propre marque avec trois enseignes en France. Le concept : un endroit intimiste où l’on se ressource, dans un esprit appartement. Ambiance tamisée, puits de lumière et plantes vertes garantes d’apaisement.

Et ça marche ! Sans même nous en rendre compte, nous commençons à chuchoter en entrant dans le salon. Lilou, la matriarche, nous le confirme : « ça fait toujours bizarre quand quelqu’un parle fort ici, on est pas habitués ».

Les femmes y trouvent une paix que la ville de Montpellier, bourrée d’étudiants eux-mêmes souvent bourrés, semble parfois oublier. Quand nous sortons dehors nous passons d’une l’ambiance feutrée à la dynamite de la ville qui nous happe direct dans un bain de soleil. Sur la place de la Comédie, un groupe de musique avec caisses claires et trombones jouent une musique arabe en guise d’avant-goût du festival Arabesque prévu pendant le week-end. Tout le monde danse sous les grands rayons du soleil. On croirait que c’est déjà le week-end, mais non, c’est bien le milieu d’aprem, un mercredi. C’est alors que nous rencontrons "les sœurs de la perpétuelle indulgence", des activistes pour les droits LGBTIQ+. Un mouvement international fondé à San Francisco dans les années 1970 et qui s’organise en « couvents » pour sensibiliser et aider les personnes LGBTIQ+ particulièrement touchée par l’exclusion sociale. Les sœurs que nous rencontrons sont adorables et nous trouvons en elles des alter-égo futuristes propulsant leur énergie et celles de leur entourage vers les firmaments de mondes meilleurs. Pour remercier notre Père de nous avoir fait connaître cette ville superbe ainsi que de nos rencontres avec les sœurs et avec des coiffeurs super sympas, nous prenons le temps de nous recueillir auprès du Seigneur dans la superbe Cathédrale Saint-Pierre avant de partir pour .... Béziers !


Prestige by Hippo - Béziers
Les lumineux Fabienne et Martial
Les lumineux Fabienne et Martial

Dès qu’on entre dans Béziers, nous plongeons dans un univers étrange qui me plaît. J’aime les villes tordues, bizarres, où ça pue un peu. C’est certainement mon côté punk-à-chien. Pourtant, Béziers est en train de se refaire une beauté. Soupir de lassitude : le côté bizarre sera sans doute sacrifié au profit d’une façade lisse, comme c’est le cas dans la plupart des villes de taille moyenne en France. Pour l’instant, Béziers est un mélange de beauté médiévale et de poussière de chantier, de quartiers populaires qui ressemblent aux bleds et d’une nouvelle couche bien lissée pour accueillir les investisseurs et femmes d’affaire. Tout ça grâce à Robert Ménard -qui l’eût cru- qui met fin à des années de flegme de la mairie. Notre Hôtel XIX Café Béziers, est vraiment beau, décoré avec bon goût (on se rend compte que c’est bien rare dans les hôtels dits "classe"!): dès que j’arrive, je prends une douche brûlante et revêt un peignoir blanc immaculé et très doux sur ma peau couleur bronze. Je me sens comme une femme d’affaire éminemment puissante, en train de se détendre après une journée de haute importance avant d’embarquer vers une soirée cocktails où je séduirais tout le monde : je vous présente mon côté grosse bourge et femme de pouvoir.

Nous passons alors une belle soirée aux huîtres et pintade avec mon cher et tendre Chad-Djibril-Orus-Akhenâton. Le lendemain, nous sommes donc d’excellente humeur quand on se perd dans les petites rues de Béziers et tombons sur un magasin de pierres magiques. Une petite parenthèse ici : Il me semble qu’un des traits intéressants de notre génération est que nous ne sommes ni fidèles en amour, ni en religion. Nous sommes fluides dans à peu près tout mais ce qui est certain, c’est que nous sommes fidèles à la Foi et nous sommes fidèles à l’Amour, sans pour autant être unitaire dans notre amour ou dans notre foi. L’amour de Dieu et l’Amour de l’Autre passe donc par l’amour de tous les dieux et de tous les Autres. Nous aimons les manifestations de l’amour à travers une de ces manifestations : cette personne là, ou celle-ci.

De la même manière, nous aimons Dieu à travers différentes célébrations que l’homme a inventées. L’homme et la femme auront toujours besoin de se recueillir auprès de Dieu, ou de l’énergie cosmique, ou du Grant tout, enfin, sauf les athées que nous respectons de la même façon que les croyants.

Alors, nous, chers petits héritiers New-Age, nous achetons des pierres pour nous accompagner sur notre chemin. Je dépense 40 balles dans des cailloux et j’en suis heureuse. J’ai tellement de cailloux protecteurs sur moi que je flotte entre enthousiasme éclatant et léger mal de crâne.

Bref, peut-être que toi, cher lecteur qui me lit encore jusqu’à maintenant, n’en à rien à cirer de ce que je te raconte, mais bon, il faut bien que je m’épanche quelque part.

Tout ça pour dire que quand on arrive au salon "Prestige by Hippo" nous sommes en retard mais pleins de bonnes énergies vu la charge minéralo-magique qu’on porte sur nous.

Nous passons alors un moment agréable en présence de deux personnes très charmantes : Fabienne et Martial.

Martial est entré au salon il y a 10 ans, quand il avait tout juste 15 ans. Il ressemblait alors à Harry Potter. Il traite souvent sa patronne et amie, sa mère dans la coiffure, de "Harpie". Fabienne ne le prend jamais mal, et heureusement, car en un coup de griffe elle pourrait refaire sa tronche à Potter.

L’entente entre les deux est touchante : on dirait un peu une mère et son fils. Un peu le côté : "il me faut de l’eau, mon corps est en pleine croissance" (pour ceux qui se rappelle des publicités Vittel).

Fabienne aime Martial et le couve. "Prenez des photos avec ses œuvres, ça le met en avant".

En septembre prochain, Martial passe associé. Il est content. 25 ans est vraiment l’âge où ça bouge chez les coiffeurs ! Ça se prend en main et ça atteint l’âge mature ! Contrairement à mes fréquentations habituelles, les coiffeurs de 25 ans font fasse à des responsabilités d’entrepreneurs et de créateurs vu que ça fait parfois 10 ans qu’ils sont dans le métier. Ça fait du bien, et j’ai l’impression, comparée à eux, d’être une adolescente en fin de cycle qui vient d’enlever ses bagues.

Martial aime la peinture, quelques-unes de ses œuvres sont exposées dans le salon. Toutes ses peintures représentent des femmes, à l’air un peu dominatrices et avec de longs ongles pointus. Des harpies ?

Martial peignant sa mère spirituelle et montrant au monde son complexe d’œdipe ?

Nous ne saurons jamais.

Ma théorie psychanalytique à deux balles ne devrait pas vous détourner du fait que nous avons passé un moment charmant avec deux personnes lumineuses qui ont ponctuées notre journée d’une dose de magie en plus.

Y ahora, vamos à Canet-les-Plages ! arriba arriba, speedy Gonzales !


Art et Style Coiffure - Canet-en-Roussillon
Aperçu du design tropical du salon !
Aperçu du design tropical du salon !

Canet-en-Roussillon... notre visite commence mal, car en me garant, "BANG!", on rentre dans une voiture !

Une dame d’un certain âge saute or de la voiture et tambourine à ma fenêtre alors que je finis de me garer.

"On se calme, on se calme, je lui dis, vous croyiez que j’allais fuir ?

- Oh non non, je pensais que vous n’aviez pas entendu.

- Ne vous inquiétez pas Madame, laissez moi juste finir mon créneau en beauté."

Tandis que je sors de Bébé, un passant me traite de "désastre".

Je sors de mes gonds. NON MAIS C’EST UNE BLAGUE ?! Après tous ces kilomètres à bord d’un van de l’Antiquité, et sans aucun pépin, on me traite de désastre juste parce que je suis une femme et que monsieur et madame s’était garés en dehors de la ligne !

- Moi "désastre"? Moi ?! T’es sûr de ce que tu dis mon vieux ? Tu vas voir le désastre ! Je me dirige alors vers lui et lui fous mon poing dans le nez.

Non en fait je rigole : je l’ai juste regardé d’un air las et lui ai dit :

- Ce n’est vraiment pas très sensé de dire cela Monsieur. Vous devriez avoir honte de traiter une femme de désastre. Nous sommes la plus belle chose qui soit arrivée à l’humanité."

Et toc !

Sur ce point, il ne peut qu’acquiescer.

Bon. Le BANG ayant été assez fort, j’ai peur de lui avoir esquinté sa voiture faite de plastique avec notre bébé tout de ferraille.

Et là, surprise !

Rien d’autre qu’une petite égratignure. Sacré Bébé : du bruit, mais pas de larmes ! Il a la délicatesse des années folles avec lui.

Alors je prends cet air concerné : "Comment allons nous faire ? Vous voulez faire un constat?"

La dame demande l’autorisation de son mari, -à l’ancienne-, qui se réveille peu à peu de sa sieste.

Le monsieur n’a visiblement pas aimé être réveillé par ce BANG mais en voyant l’ampleur minime des dégâts, il ne peut que se résoudre à l’idée qu’on devra conclure cet incident par une accolade.

J’insiste pour le constat, mais vraiment il y a si peu de choses que ce serait ridicule. Alors nous leur offrons un coussin de notre Bébé.

"- C’est quelle couleur chez vous? je demande.

Vous voulez un coussin rose ? Pastel ? Avec un flamant rose peut-être ?"

Monsieur et Madame commencent à se détendre. Je les trouve mignons. Il refusent tous nos cadeaux, même le super crémant de Metz que nous trimballons depuis quelques jours sans pouvoir le boire.

Tout cela se finit bien et nous nous excusons une fois de plus.

Bon c’est pas tout mais nous avons un rendez-vous, nous ! Direction "Art & Style". Nous longeons une grande plage pour nous y rendre. Le salon lui-même ressemble plus à une boutique de plage qu’à un salon. Ca donne presque envie de l’appeler le Coco Bongo : on a jamais vu un design tropical comme celui-là dans un salon : des grands miroirs entourés de cadres façon jungle, des feuilles de bananiers et transats, des articles à vendre pour la plage, du faux sable et des bijoux fantaisies. L’ambiance ici est festive et joyeuse et on se sent hyper à l’aise dès le début. On sent les gens qui vivent près de la mer. Ah les Méridionaux ! C’est vraiment une autre histoire !

Julie, Alison et Axel forment une équipe de choc qui défie Chad dans une mêlée de rugby sensationnelle (vidéo à venir). Axel, seul garçon de l’équipe et cadet ne se plaint ni du traitement, ni de l’ambiance. C’est leur petit protégé : il a participé au concours "Fondation Guillaume" à l’âge de 16 ans alors que l’âge minimum était de 18. Il a fini troisième et les deux premiers avait déjà leur cap et leur brevet. Il remporte aussi la catégorie maquillage et stylisme. Jeune et doué. Miam.

Julie a crée ce salon il y a bientôt 10 ans.

Ce qu’on aime par dessus tout, c’est voir des salons qui vivent leur rêves : qui réussissent à être cool et à avoir du succès, qui établissent une ambiance détendue sans perdre en sérieux. Le salon Art et Style nous confirme dans l’idée qu’on peut être soi et réussir. Qu’on peut être relax et ambitieux. Que l’essentiel, en somme, c’est d’aimer ce qu’on fait au plus profond de soi.

La personnalité de Julie, son énergie et sa fraîcheur rendent ce salon unique en son genre. On s’y sent bien, détendu, et en plus on rigole. Dans une station balnéaire essentiellement fréquentée pendant les congés, elle a réussi à fidéliser une clientèle de vacanciers qui revient chez elle à chaque fois :

"C’est sûrement parce que nous nous adaptons vraiment à chaque client, selon ses besoins. C’est-à-dire que nous avons un fichier informatique réalisé pour chacun avec la région d’où il vient : cela nous permet d’adapter la couleur aux besoins des clients : votre couleur n’évoluera pas de la même façon selon si vous vivez à Paris ou à Poitiers!"

Ahhh ! C’est donc ça !

A quelques 30 mètres de la plage, le salon Art et style est une escale rafraichissante pour passer des vacances en beauté !

Merci à cette équipe super et à leur accueil vivifiant.


Coiff’Mod (CM Homme) - Perpignan
Karl, Gilbert, et le fondateur de Coiff’Mod
Karl, Gilbert, et le fondateur de Coiff’Mod

Galerie commerciale Auchan à Perpignan. 2017. Printemps. La neige frise au loin sur les sommets des Pyrénées.

Deux salons CM : CM homme et CM femme. Catherine et Gilbert. Il y a aussi Vanille, leur fille qui gère un salon dans le centre de Perpignan. Une histoire de famille. "Un empire !", résume Chad avec son sens de l’exactitude.

Coiff’Mode homme, ou l’un des premiers salons établi dans un centre commercial dans les années 1970’s. A l’époque, il fallait faire le pari : personne n’y croyait : qui va aller chez le coiffeurs entre deux courses ? Gilbert travaille dur dans le salon pendant des années avant de le reprendre à son compte. C’est l’un des rares salons, souligne-t-il, qui résiste à la longue agonie des coiffeurs pour hommes et barbiers dans les années 1980-90, au moment où il fallait être juste rasé de frais pour avoir l’air propre ou bankable. Cela grâce à l’aura du fondateur de Coiff’Mod, qui est alors aussi président du club de Rugby de Perpignan. Coiff’Mod est une référence pour les rugbymen. C’est grâce ce sport profondément masculin et ancré régionalement que Coiff’Mod passe à travers ces années de disette de soins masculins à l’allure d’un bateau de croisière. Avec la recrudescence des barbers ces dernières années, CM poursuit sa poussée magistrale ; revoit son design : "Il y avait vraiment trop de ballons de rugby partout. Là, on en a gardé quelques uns : c’est discrêt, juste un clin d’oeil".

"Et puis on changé de logo aussi, dit Vanille, sa fille : on garde Coiff’Mode, en hommage à son fondateur mais bon... Coiff’Mod c’est un peu désuet, alors maintenant on dit CM."

Et là, grosse surprise : nous discernons Karl Joubrel qui nous attend dans le corner privé du salon. Le motif de sa visite : tailler sa barbe. En effet, notre cher Gourou (comme nous l’appelons avec Chad) a "une barbe de trois jours qui fait plutôt mal rasée. C’est dommage," comme l’explique Gilbert. Alors, nous prenons ensemble soin de Karl, et j’apprends même à faire ce mouvement minutieux qui fera de moi, peut-être, la première femme-à-barbe barbière de France (voir la vidéo "Invité mystère à Perpignan"). Je viens de retaper trois fois le mot barbière car mon correcteur automatique ne connait pas ce mot. Tristesse et confirmation de l’exclusion difficile à digérer des femmes dans ce milieu masculin : qui d’autres que nous pouvons soigner nos chers hommes, je demande, la larme à l’œil. Gilbert, avec son grand savoir de la profession nous explique que dans les années 1920, il y avait tellement de moustaches et de barbes à soigner que les femmes de barbiers commencèrent à travailler avec leur maris : à défaut de tailler la barbe, elles étalaient la mousse de leurs plumeau doux et préparaient l’homme à la coupe. Gilbert nous montre une photo de l’époque. Deux bonnes femmes s’occupent d’homme sur des chaises devant une ferme. Ce sont mes grandes tantes spirituelles. Me voilà rassurée, je pourrai devenir barbière à barbe ! Merci Gilbert et à toute l’équipe de CM Homme !


CM Femme
Pistache, le fauve de la savane
Pistache, le fauve de la savane

Quand j’entre dans le salon CM féminin, un petit loulou couleur fauve aboie d’un air dissuasif. "Pistache!". Pistache n’aime pas les malpolies comme moi qui entrent sans l’avoir saluée au préalable. C’est elle qui décide si l’on est bienvenue ou non. Je comprends tout de suite : Pistache est la véritable maîtresse des lieux. Elle me renifle alors le mollet, et finit par me laisser entrer. "Merci Pistache" lui dis-je en m’inclinant légèrement, comme c’est indiqué dans le Protocole.

Pistache me présente alors Catherine :

"Voici ma maîtresse, l’honorifique"

Je m’incline à nouveau.

Catherine fait un geste du type pas de ça avec moi. "Il n’y a que Pistache qui tient à tous ces chichis", me glisse t’elle à l’oreille tandis que le petit chien s’éloigne.

Catherine me présente les deux jeunes coiffeuses qui travaillent avec elle, Vanessa et Amanda. Elles sont toutes les deux très talentueuses. "Regardez, ça c’est le travail qu’a fait Amanda pour le concours Style Master 2017", dit Catherine en montrant la superbe photo en noir et blanc affichée au mur. On sent que Catherine cherche chez ses jeunes recrues la niak et le talent réuni, et qu’elle a réussi à trouver deux perles. Pistache, qui s’est étendue contre les cuisses d’une cliente, me le confirme.

"Nous sommes spécialisées dans les chignons et les préparations mariage, dit Catherine en me menant à l’étage où un coin détente a été aménagé spécialement pour l’occasion.

Le design de CM féminin est épuré et rappelle CM homme, à quelques 30 mètres de là dans la galerie. Souvent, Gilbert, qui officie dans la galerie depuis quelques décennies vient donner un coup de main. Il est très apprécié des clientes. "C’est de la main d’œuvre pas chère", me dit Catherine en riant.

Catherine m’offre gracieusement de neutraliser mes reflets aux racines, mais nos planning respectifs sont chargés et je dois y renoncer... tristesse ! Ce n’est que partie remise, j’espère !

Merci à toute l’équipe de CM féminin pour cet accueil.


Jordana - Toulouse
La fine équipe des coiffeurs barbiers de salon Jordana
La fine équipe des coiffeurs barbiers de salon Jordana

Nous entrons chez Jordana Coiffeur Barbier dans le véritable esprit de Bonnie et Clyde. Les mains en pistolet, nous nous exclamons : "Personne ne bouge !" Les clients se tournent vers nous. Les barbiers s’arrêtent puis haussent les sourcils avant de reprendre leur travail.

QUOI ? Chad avec son oeil d’Horus dessiné sur le crâne ressemble à un taulard tout droit sorti des Beaumettes et moi... et moi...!!! avec mes chaussures plateau de 7 centimètres, je ressemble à une Spice Girl névrosée prête à tout pour obtenir sa came ! Pourtant, il semble que rien ne pourra troubler la sérénité qui règne chez Jordana, le plus vieux barbier de France. Un peu perplexe, je range mon arme et me rappelle soudainement qu’il s’agit avant tout d’un travail documentaire et non d’une tentative de rapt. Je me dirige vers ce bel homme à moustache blanche assis et lui demande, cash : "Vous êtes client ici ?".

Patatra ! A ce moment précis, notre entrée magistrale perd définitivement toute son allure. Le monsieur me répond : "Moi, client ? j’ai une tête à être client ?!" J’enfonce le clou : "Eh bien, vous avez quand même une belle moustache..."

"Moi, client??" Il ne s’en remet pas.

Tout à coup, je comprends : j’ai devant mes yeux l’illustre Jordana père, héritier d’une tradition dans la barbe depuis 1938 !

J’essaie de me rattraper : "Vous savez, on peut être client au Carrefour et être barbier ici... Le terme "client" est très large, si vous voyez ce que je veux dire." Rien n’y fait.

Jordana père semble déçu par moi. Je suis confuse.

Heureusement, les deux fils Jordana me détendent avec leur smile et la façon dont ils appellent leur père "Le padre". On sent une ambiance de frérots, de camaraderie affectueuse qui apaise peu à peu mon tourment d’avoir vexé un charmant homme. J’apprends à apprécier au fur et à mesure de ce voyage ces ambiances masculines douces et bienveillantes, où les hommes m’envoient des regards respectueux et charmants, comme ce superbe jeune homme apprenti chez Jordana, que mon objectif a aimé chatouiller.

Depuis 1938, Jordana est la référence Barbier à Toulouse. Le succès n’a jamais décru et ils ouvrent dans 15 jours une boutique juste à côté, superbe. Il parait qu’après un certain temps dans un milieu, les routines s’inscrivent dans nos gènes. Pour les Jordana, la barbe c’est donc une seconde -si ce n’est première- nature. Loin d’avoir éclot au moment de la Renaissance hipster, Jordana a traversé le temps et survécu à toutes les modes. En partant, Jordana "el Padre" m’a pardonnée, il m’offre un sourire et me tape dans le dos. Je suis émue devant tout ce savoir-faire accumulé, transmis, devant cet amour porté et devant cet arbre généalogique entortillé autour d’une seule chose qui peut sembler si fragile, si primaire, si simplement organique : le poil.


Vin’s et Sharlene - Toulouse
Un salon qui a du cachet
Un salon qui a du cachet

Vin’s et Sharlene, un couple de meilleurs potes qui montent un petit salon-barber en plein centre de Toulouse. Le local est minuscule, ils se marchent un peu dessus, mais c’est ça l’amitié, la vraie : quand on aime un ami, on apprécie même qu’il nous écrase le gros orteil. Mieux, on en redemande.

Vin’s et Sharlene sont bookés jusqu’à la saint glinglin tellement leur concept marche. Dring Dring, ça sonne, comme d’hab tout le monde est occupé, alors je réponds :

"Je voudrais prendre rendez vous pour une barbe et coupe avant le 31 mai.

Je consulte le planning.

- Ca ne va pas être possible Monsieur. Que pensez-vous du 15 juillet, entre 16 et 17 h ?"

Bon j’exagère légèrement, le rendez vous se fera une semaine plus tard, mais bon quand même !

On sent que Vin’s et Sharlene s’aiment comme deux soeurs et qu’ils iront loin ensemble. Ils déménagent bientôt dans des locaux plus grands et comptent bien cartonner encore plus. L’équipe qui les entoure est adorable et tout aussi pleine de charme qu’eux deux. C’est la loi de l’attraction : on attire toujours ce qui nous ressemble. Alors si on est cools, les gens cools viennent à nous comme des aimants. D’où notre présence chez Vin’s et Sharlene ce jour là. CQFD.

Big Bisous Bien Baveux à ces Djeun’z successful et plein d’énergie. Et merci pour les casquettes, on les porte tout le temps, on vous fait de la pub ambulante !


Guillaume Fort pour l’Homme - Saint-Estève
Chez Guillaume, un lieu rempli de beaux gosses
Chez Guillaume, un lieu rempli de beaux gosses

On a bien fait d’offrir à Karl ce trajet en Bébé vers son deuxième rendez-vous de la journée.

« Que des beaux gosses » je me dis, en entrant chez Guillaume Fort Coiffeur-Barbier. Le salon vaut le détour, et les mecs aussi. Ça tombe bien, dans les conditions nomades de ce road trip, je dois avouer que nous n’avons le temps à rien, ni à l’amour ni même à la séduction. (Sauf avec Ninõ Morciano à Marseille, lire journal de Bony et Chad du 12 mai dernier, qui est une exception heureuse bien qu’étant demeurée virtuelle, à mon grand désespoir.)

Il est donc normal que quand nous entrons dans un haut lieu de la masculinité, Chad et moi sentons des assauts tribaux s’emparer de nous. « Que des beaux gosses », je répète dans ma tête. Merci Karl. Vraiment merci. Allez savoir pourquoi, je camoufle mon frétillement derrière une ironie texane et un fort accent québécois masquant difficilement le rose sur mes joues.

Recentrons nous.

Bon, le lieu est aussi très beau. Nous n’avons pas beaucoup de temps, ce rendez-vous était imprévu. Alors, comment exploiter un lieu beau rempli de beaux gosses en moins d’une heure ? La réponse avec Chad nous saute aux oreilles : en tournant un Western, pardi. Tout-à-coup, tout prend forme : Karl est un parisien arrivant dans un saloon du grand ouest de la France. Personne ne le connait, personne ne le reconnait (ce qui est cocasse vu que même à Saint-Estève, les groupies se jettent à son cou et on lui demande toujours des autographes dans les endroits les plus osés).

Je ne vous en dis pas plus, le film sera bientôt diffusé.

Guillaume Fort est de toute évidence un mec chouette. On sent le gars qui s’est battu pour ce qu’il a et qui cherche à offrir le meilleur à ses talentueux coiffeurs-barbiers. Aidé par son adorable compagne, il les pousse et les encourage du mieux qu’il peut et les embarque à chaque fois qu’il a une occasion de faire valoir leur savoir-faire. Il aime transmettre, et il aime donner. Il aime aussi la nourriture grasse et les boissons sucrées, mais c’est une autre histoire. Guillaume fait partie de cette génération de coiffeurs-barbiers qui explose depuis 10 ans et incarne le renouveau de la profession. Plus qu’un savoir faire, c’est un rituel, plus qu’un rituel, c’est un style, plus qu’un style, c’est une philosophie. L’un ne va pas sans l’autre. Si je comprends bien, les sangles en cuir qui maintiennent leurs outils sont aussi importantes que les tatouages, la musique blues en fond sonore, et l’huile appliquée dans les barbes. On ne vient pas ici pour se faire beau pour l’extérieur : on vient aussi se soigner de l’intérieur. Pendant très longtemps, les mecs n’avaient plus d’endroit à eux pour se faire chouchouter. Et puis se faire chouchouter, tout de suite, c’était vu comme quelque chose d’efféminé. Chez Guillaume, on gagne en lustre sans perdre ses boules. Merci Guillaume. Décidément, quand je viens dans des endroits comme ça, j’ai presque envie de devenir un homme. Bon, comme c’est un peu compliqué, je me contente de regarder… « que des beaux gosses… non mais vraiment, que des beaux gosses», telle est ma conclusion, quand je referme la porte.


Acte 1 - Pibrac
le mini loft de Marina
le mini loft de Marina

Marina est jeune et n’a pas froid aux yeux : elle lance le 7 ème salon de sa petite ville de 8000 habitants sans pour autant avoir peur de l’échec. Vous savez, ces gens qui sont tellement confiants que du coup vous y croyez aussi avec eux ? Le salon qui ressemble à un mini loft a déjà le vent en poupe alors qu’il est ouvert depuis octobre seulement. En quelques minutes, on sent pourquoi : les deux belles gosses qui y travaillent sont efficaces et adroites, et en plus respirent la créativité et la bonne humeur.

On a failli danser la zumba avec elles, mais pof : une cliente déboule. Décidément, difficile d’être dispo quand on réussit dans son métier.

Nous souhaitons plein de bonnes choses pour le salon Acte 1 en espérant qu’il y aura un Acte 2, 3, 4, 5, et qui sait, peut être 50 ?

One Love

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